« Les deux choses les plus importantes n'apparaissent pas au bilan de l'entreprise : sa réputation et ses hommes. » Henri Ford % « Un idéaliste est une personne qui aide les autres à prospérer. » Henri Ford % « La plus haute finalité de la richesse n’est pas de faire de l’argent, mais de faire que l’argent améliore la vie. » Henri Ford % « La négation de l’idée industrielle est la spéculation. » Henri Ford % « Il y a des gens qui disent qu'ils peuvent ; d'autres qu'ils ne peuvent pas. En général, ils ont tous raison. » Henri Ford % « Avoir fait plus pour le monde que le monde n’a fait pour vous : c’est ça, le succès. » Henri Ford % « Les gens peuvent choisir n’importe quelle couleur pour la Ford T, du moment que c’est noir. » Henri Ford % « Echouer, c'est avoir la possibilité de recommencer de manière plus intelligente. » Henri Ford % « Se réunir est un début ; rester ensemble est un progrès ; travailler ensemble est la réussite. » Henri Ford % « L'enthousiasme est à la base de tout progrès. » Henri Ford % « La grippe, ça dure huit jours si on la soigne et une semaine si on ne fait rien. » Raymond Devos % « Si on peut trouver moins que rien, c'est que rien vaut déjà quelque chose. » Raymond Devos % « Il ne faut pas trop compter sur Dieu, mais peut-être que Dieu compte sur nous... » Louis Pauwels % « A quelques-uns l’arrogance tient lieu de grandeur ; l’inhumanité de fermeté ; et la fourberie, d’esprit. » Jean de la Bruyère % « Un alcoolique, c'est quelqu'un que vous n'aimez pas et qui boit autant que vous. » Coluche % « Pour savoir qu'un verre était de trop, encore faut-il l'avoir bu. » Georges Courteline % « Dieu n'avait fait que l'eau, mais l'homme a fait le vin » Victor Hugo (dit par Pantalon dans les Contemplations) % « M. Myriel devait subir le sort de tout nouveau venu dans une petite ville où il y a beaucoup de bouches qui parlent et fort peu de têtes qui pensent. » Victor Hugo (Les Misérables) % « Comme il y a toujours encore plus de misère en bas que de fraternité en haut, tout était donné, pour ainsi dire, avant d'être reçu. » Victor Hugo (Les Misérables) % « Le sénateur dont il a été parlé plus haut était un homme entendu qui avait fait son chemin avec une rectitude inattentive à toutes ces rencontres qui font obstacle et qu'on nomme conscience, foi jurée, justice, devoir ; il avait marché droit à son but et sans broncher une seule fois dans la lignée de son avancement et de son intérêt. » Victor Hugo % « Avant de vous répondre, dit-il, je vous prie de me pardonner. Je viens d'avoir un tort, monsieur. Vous êtes chez moi, vous êtes mon hôte. Je vous dois courtoisie. Vous discutez mes idées, il sied que je me borne à combattre vos raisonnements. Vos richesses et vos jouissances sont des avantages que j'ai contre vous dans le débat, mais il est de bon goût de ne pas m'en servir. Je vous promets de ne plus en user. » Victor Hugo % « Un jour, une douairière de la variété impertinente qui se croit spirituelle, lui adressa cette saillie : - Monseigneur, on demande quand Votre Grandeur aura le bonnet rouge. - Oh ! oh ! voilà une grosse couleur, répondit l'évêque. Heureusement que ceux qui la méprisent dans un bonnet la vénèrent dans un chapeau. » Victor Hugo % « Or peut-on toucher sans cesse, et nuit et jours, à toutes les détresses, à toutes les infortunes, à toutes les indigences, sans avoir soi-même sur soi un peu de cette misère, comme la poussière du travail ? [...] La première preuve de la charité chez le prêtre, chez l'évêque surtout, c'est la pauvreté. » Victor Hugo (Les Misérables) % « A cela près, il était et il fut, en toute chose, juste, vrai, équitable, intelligent, humble et digne ; bienfaisant, et bienveillant, ce qui est une autre bienfaisance. » Victor Hugo (Les Misérables) % « Et puis Rome est là. Un évêque qui sait devenir archevêque, un archevêque qui sait devenir cardinal vous emmène comme conclaviste, vous entrez dans la rote, vous avez le pallium, vous voilà auditeur, vous voilà camérier, vous voilà monsignor, et de la Grandeur à l'Eminence il n'y a qu'un pas, et entre l'Eminence et la Sainteté il n'y a que la fumée d'un scrutin. Toute calotte peut rêver la tiare. [...] Comme l'ambition s'intitule aisément vocation, qui sait ? de bonne foi peut-être et se trompant elle-même, béate qu'elle est !» Victor Hugo (Les Misérables) % « Un saint qui vit dans un accès d'abnégation est un voisinage dangeureux ; il pourrait bien vous communiquer par contagion une pauvreté incurable, l'ankylose des articulations utiles à l'avancement, et, en somme, plus de renoncement que vous n'en voulez ; et l'on fuit cette vertu galeuse. » Victor Hugo (Les Misérables) % « Soit dit en passant, c'est une chose assez hideuse que le succès. Sa fausse ressemblance avec le mérite trompe les hommes. » Victor Hugo (Les Misérables) % « Cet étroit enclos, ayant les cieux pour plafond, n'était-ce pas assez pour pouvoir adorer Dieu tour à tour dans ses oeuvres les plus sublimes ? N'est-ce pas là tout, en effet, et que désirer au-delà ? Un petit jardin pour se promener, et l'immensité pour rêver. A ses pieds ce qu'on peut cultiver et cueillir ; sur sa tête ce qu'on peut étudier et méditer ; quelques fleurs sur la terre et toutes les étoiles dans le ciel. » Victor Hugo (Les Misérables) % « Chaque fois qu'il disait ce mot *monsieur*, avec sa voix doucement grave et de si bonne compagnie, le visage de l'homme s'illuminait. *Monsieur* à un forçat, c'est un verre d'eau à un naufragé de la *Méduse*. L'ignominie a soif de considération. » Victor Hugo (Les Misérables) % « Vous pouviez ne pas me dire qui vous étiez. Ce n'est pas ici ma maison, c'est la maison de Jésus-Christ. Cette porte ne demande pas à celui qui entre s'il a un nom, mais s'il a une douleur. Vous souffrez ; vous avez faim et soif ; soyez le bienvenu. Et ne me remerciez pas, ne me dites pas que je vous reçois chez moi. Personne n'est ici chez soi, excepté celui qui a besoin d'un asile. [...] Qu'ai-je besoin de savoir votre nom ? D'ailleurs, avant que vous me le dissiez, vous en avez un que je savais. L'homme ouvrit des yeux étonnés. - Vrai ? vous saviez comment je m'appelle ? - Oui, répondit l'évêque, vous vous appelez mon frère. » Victor Hugo (Les Misérables) % « Il avait un fusil dont il se servait mieux que tireur au monde, il était quelque peu braconnier ; ce qui lui nuisit. Il y a contre les braconniers un préjugé légitime. Le braconnier, de même que le contrebandier, côtoie de fort près le brigand. Pourtant, disons-le en passant, il y a encore un abîme entre ces races d'hommes et le hideux assassin des villes. Le braconnier vit dans la forêt ; le contrebandier vit dans la montagne ou sur la mer. Les villes font des hommes féroces, parce qu'elles font des hommes corrompus. La montagne, la mer, la forêt, font des hommes sauvages. Elles développent le côté farouche, mais souvent sans détruire le côté humain. » Victor Hugo (Les Misérables) % « Une chose qui fumait et clapotait sur la Seine avec le bruit d'un chien qui nage allait et venait sous les fenêtres des Tuileries, du pont Royal au pont Louis XVI ; c'était une mécanique bonne à pas grand-chose, une espèce de joujou, une rêverie d'inventeur songe-creux, une utopie : un bateau à vapeur. Les parisiens regardaient cette inutilité avec indifférence. » Victor Hugo (Les Misérables) % « Ces parisiens étaient l'un de Toulouse, l'autre de Limoges, le troisième de Cahors et le quatrième de Montauban ; mais ils étaient étudiants, et qui dit étudiant dit parisien ; étudier à Paris, c'est naître à Paris. » Victor Hugo (Les Misérables) % « Pauvreté et coquetterie sont deux conseillères fatales ; l'une gronde, l'autre flatte ; et les belles filles du peuple les ont toutes les deux qui leur parlent bas à l'oreille, chacune de son côté. Ces âmes mal gardées écoutent. De là les chutes qu'elles font et les pierres qu'on leur jette. On les accable avec la splendeur de tout ce qui est immaculé et inaccessible. Hélas ! si la Jungfrau avait faim ?» Victor Hugo (Les Misérables) % « Messieurs, faites des conquêtes. Pillez-vous les uns aux autres sans remords vos bien-aimées. Chassez-croisez. En amour, il n'y a pas d'amis. Partout où il y a une jolie femme l'hostilité est ouverte. Pas de quartier, guerre à outrance ! Une jolie femme est un casus belli ; une jolie femme est un flagrant délit. Toutes les invasions de l'histoire sont déterminées par des cotillons. La femme est le droit de l'homme. Romulus a enlevé les sabines, Guillaume a enlevé les Saxonnes, César a enlevé les romaines. L'homme qui n'est pas aimé plane comme un vautour sur les amantes d'autrui ; et quant à moi, à tous ces infortunés qui sont veufs, je jette la proclamation sublime de Bonaparte à l'armée d'Italie : "Soldats, vous manquez de tout. L'ennemi en a". » Victor Hugo (Les Misérables) % « L'enfant ouvrit les yeux, de grand yeux bleus comme ceux de sa mère, et regarda, quoi ? rien, tout, avec cet air sérieux et quelquefois sévère des petits enfants, qui est un mystère de leur lumineuse innocence devant nos crépuscules de vertus. On dirait qu'ils se sentent anges, et qu'ils nous savent hommes. » Victor Hugo (Les Misérables) % « On n'empêche pas plus la pensée de revenir à une idée que la mer de revenir à un rivage. Pour le matelot, cela s'appelle la marée ; pour le coupable, cela s'appelle le remords. Dieu soulève l'âme comme l'océan. Au bout de peu d'instants, il eut beau faire, il reprit ce sombre dialogue dans lequel c'était lui qui parlait et lui qui écoutait, disant ce qu'il eût voulu taire, écoutant ce qu'il n'eût pas voulu entendre, cédant à cette puissance mystérieuse qui lui disait : pense ! comme elle disait il y a deux mille ans à un autre condamné : marche !» Victor Hugo (Les Misérables) % « Ne fallait-il pas considérer la brièveté de cette intelligence ? Cet homme était visiblement stupide. » Victor Hugo (Les Misérables) % « La vielle *principale locataire*, créature rechignée, toute pétrie vis-à-vis du prochain de l'attention des envieux, examinait beaucoup Jean Valjean, sans qu'il s'en doutât. Elle était un peu sourde, ce qui la rendait bavarde. Il lui restait de son passé deux dents, l'une en haut, l'autre en bas, qu'elle cognait toujours l'une contre l'autre. » Victor Hugo (Les Misérables) % « Des enjambées de boiteux sont comme des oeillades de borgne ; elles n'arrivent pas vite au but. » Victor Hugo (Les Misérables) % « Bahorel, homme de caprice, était épars sur plusieurs cafés ; les autres avaient des habitudes, lui n'en avait pas. Il flânait. Errer est humain, flâner est parisien. » Victor Hugo (Les Misérables) % « Errer songeant, c'est-à-dire flâner, est un bon emploi du temps pour le philosophe. » Victor Hugo % « Il avait l'air d'une cariatide en vacances ; il ne portait rien que sa rêverie. Il regardait la place Saint-Michel. S'adosser, c'est une manière d'être couché debout qui n'est point haïe des songeurs. » Victor Hugo (Les Misérables) % « Le premier jeune garçon venu, si pauvre qu'il soit, avec sa santé, sa force, sa marche vive, ses yeux brillants, son sang qui circule chaudement, ses cheveux noirs, ses joues fraîches, ses lèvres roses, ses dents blanches, son souffle pur, fera toujours envie à un vieil empereur. Et puis chaque matin il se remet à gagner son pain ; et tandis que ses mains gagnent du pain, son épine dorsale gagne de la fierté, son cerveau gagne des idées. Sa besogne finie, il revient aux extases ineffables, aux contemplations, aux joies ; il vit les pieds dans les afflictions, dans les obstacles, sur le pavé, dans les ronces, quelquefois dans la boue ; la tête dans la lumière. Il est ferme, serein, doux, paisible, attentif, sérieux, content de peu, bienveillant ; et il bénit Dieu de lui avoir donné ces deux richesses qui manquent à bien des riches, le travail qui le fait libre et la pensée qui le fait digne. » Victor Hugo (Les Misérables) % « M. Mabeuf avait pour opinion politique d'aimer passionnément les plantes, et surtout les livres. Il possédait comme tout le monde sa terminaison en -iste, sans laquelle personne n'aurait pu vivre en ce temps-là, mais il n'était ni royaliste, ni bonapartiste, ni chartiste, ni orléaniste, ni anarchiste ; il était bouquiniste. » Victor Hugo (Les Misérables) % « M. Mabeuf avait pris Marius en gré, parce que Marius, étant jeune et doux, réchauffait sa vieillesse sans effaroucher sa timidité. La jeunesse avec la douceur fait aux vieillards l'effet du soleil sans le vent. » Victor Hugo (Les Misérables) % «(car ils se tutoyaient, glisser au tutoiement est la pente des amitiés jeunes). » Victor Hugo (Les Misérables) % « Et afin que rien ne manquât à cette ravissante figure, le nez n'était pas beau, il était joli ; ni droit ni courbé, ni italien ni grec ; c'était le nez parisien ; c'est-à-dire quelques chose de spirituel, de fin, d'irrégulier et de pur, qui désespère les peintres et qui charme les poètes. » Victor Hugo (Les Misérables) % « Antique et immémorial manège qu'Eve savait dès le premier jour du monde et que toute femme sait dès le premier jour de la vie ! Sa bouche donnait la réplique à l'un et son regard donnait la réplique à l'autre. » Victor Hugo (Les Misérables) % « Il y a dans ce faubourg de poignantes détresses cachées sous le toit des mansardes ; il y a là aussi des intelligences ardentes et rares. C'est surtout en fait de détresse et d'intelligence qu'il est dangeureux que les extrêmes se touchent. » Victor Hugo (Les Misérables) % « Mais, grâce au ciel, un autre choix est possible. Aucune chute à pic n'est nécessaire, pas plus en avant qu'en arrière. Ni despotisme, ni terrorisme. Nous voulons le progrès en pente douce. Dieu y pourvoit. L'adoucissement des pentes, c'est là toute la politique de Dieu. » Victor Hugo (Les Misérables) % « Souffle d'oracle qui avait passé à côté d'elle et s'était évanoui après avoir déposé dans son coeur un des deux germes qui doivent plus tard emplir toute la vie de la femme, la coquetterie. L'amour est l'autre. » Victor Hugo (Les Misérables) % « Elle sut tout de suite [...] cette science qui fait de la femme parisienne quelque chose de si charmant, de si profond et de si dangeureux. Le mot femme capiteuse a été inventé pour la Parisienne. » Victor Hugo (Les Misérables) % « La croissance intellectuelle et morale n'est pas moins indispensable que l'amélioration matérielle. Savoir est un viatique, penser est de première nécessité, la vérité est nourriture comme le froment. Une raison, à jeun de science et de sagesse, maigrit. Plaignons, à l'égal des estomacs, les esprits qui ne mangent pas. S'il y a quelque chose de plus poignant qu'un corps agonisant faute de pain, c'est une âme qui meurt de la faim de la lumière. » Victor Hugo (Les Misérables) % « La misère d'un enfant intéresse une mère, la misère d'un jeune homme intéresse une jeune fille, la misère d'un vieillard n'intéresse personne. C'est de toutes les détresses la plus froide. » Victor Hugo (Les Misérables) % «[...] car c'est une lâcheté de venir faire les yeux doux à des filles qui ont à côté d'elles leur père qui les aime. » Victor Hugo (Les Misérables) % « Les grandes douleurs contiennent de l'accablement. Elle découragent d'être. L'homme chez lequel elles entrent sent quelque chose se retirer de lui. Dans la jeunesse, leur visite est lugubre ; plus tard, elle est sinistre. Hélas, quand le sang est chaud, quand les cheveux sont noirs, quand la tête est droite sur le corps comme la flamme sur le flambeau, quand le rouleau de la destinée a encore presque toute son épaisseur, quand le coeur, plein d'un amour désirable, a encore des battements qu'on peut lui rendre, quand on a devant soi le temps de réparer, quand toutes les femmes sont là, et tous les sourires, et tout l'avenir, et tout l'horizon, quand la force de la vie est complète, si c'est une chose effroyable que le désespoir, qu'est-ce donc dans la vieillesse, quand les années se précipitent de plus en plus blémissantes, à cette heure crépusculaire où l'on commence à voir les étoiles de la tombe !» Victor Hugo (Les Misérables) % « Et Combeferre se bornait à répondre avec un grave sourire : Il y a des gens qui observent les règles de l'honneur comme on observe les étoiles, de très loin. » Victor Hugo (Les Misérables) % « L'égout actuel est un bel égout ; le style pur y règne ; le classique alexandrin rectiligne qui, chassé de la poésie, paraît s'être réfugié dans l'architecture, semble mêlé à toutes les pierres de cette longue voûte ténébreuse et blanchâtre ; chaque dégorgeoir est une arcade ; la rue de Rivoli fait école jusque dans le cloaque. » Victor Hugo (Les Misérables) % « Ne vous y fiez pas pourtant. Les miasmes l'habitent encore. Il est plutôt hypocrite qu'irréprochable. La préfecture de police et la comission de salubrité ont eu beau faire. En dépit de tous les procédés d'assainissement, il exhale une vague odeur suspecte, comme Tartuffe après la confession. » Victor Hugo (Les Misérables) % « Le lecteur reconnaîtrait peut-être ces deux hommes, s'il les voyait de plus près. Quel était le but du dernier ? Probablement d'arriver à vêtir le premier plus chaudement. Quand un homme habillé par l'état poursuit un homme en guenilles, c'est afin d'en faire aussi un homme habillé par l'état. Seulement la couleur est toute la question. Etre habillé de bleu, c'est glorieux ; être habillé de rouge, c'est désagréable. Il y a une pourpre d'en bas. C'est probablement quelque désagrément et quelque pourpre de ce genre que le premier désirait esquiver. » Victor Hugo (Les Misérables) % « Boulatruelle, quoique ivrogne, avait une mémoire correcte et lucide, arme défensive indispensable à quiconque est un peu en lutte avec l'ordre légal. » Victor Hugo (Les Misérables) % « Ici-bas, le joli, c'est le nécessaire. Il y sur la terre peu de fonctions plus importantes que celle-ci : être charmant. La forêt serait au désespoir sans le colibri. Dégager de la joie, rayonner du bonheur, avoir parmi les choses sombres une exsudation de lumière, être la dorure du destin, être l'harmonie, être la grâce, être la gentillesse, c'est vous rendre service. La beauté me fait du bien en étant belle. » Victor Hugo, Les travailleurs de la mer % « Il n'a plus d'or, mais il lui reste le soleil, cette richesse de ceux qui n'ont rien. » Victor Hugo, Ruy Blas % « Hasard ? Mets que font les fripons pour les sots qui le mangent. » Victor Hugo, Ruy Blas % « Chose remarquable : toute cette foule, quelques minutes auparavant si tumultueuse, attendait maintenant avec mansuétude, sur la foi du comédien ; ce qui prouve cette vérité éternelle et tous les jours encore éprouvée dans nos théatres, que le meilleur moyen de faire attendre patiemment le public, c'est de lui affirmer qu'on va commencer tout de suite. » Victor Hugo, Notre-Dame de Paris % « Il lui manquait ce précieux conciliateur qui se place si efficacement entre le bandit et l'honnête homme : la bourse. » Victor Hugo, Notre-Dame de Paris % « L'amour ! C'est être deux et n'être qu'un. Un homme et une femme qui se fondent en un ange. C'est le Ciel » Esmeralda dans Notre-Dame de Paris. % « Nous avons remarqué que les juges s'arrangent en général de manière à ce que leur jour d'audience soit aussi leur jour d'humeur, afin d'avoir toujours quelqu'un sur qui s'enn décharger commodément, de par le roi, la loi et justice. » Victor Hugo, Notre-Dame de Paris % « Phoebus se mit donc assez promptement l'esprit en repos sur la charmeresse Esmeralda, et sur l'issue du procès. Mais dès que son coeur fur vacant de ce côté, l'image de Fleur-de-Lys y revint. Le coeur du capitaine Phoebus, comme la physique d'alors, avait horreur du vide. » Victor Hugo, Notre-Dame de Paris % « A mesure que les larmes coulaient, elle sentait s'en aller avec elles ce qu'il y avait de plus âcre et de plus amer de sa douleur. » Victor Hugo, Notre-Dame de Paris % « L'excès de la douleur, comme l'excès de la joie, est une chose violente qui dure peu. » Victor Hugo, Notre-Dame de Paris % « Et puis j'ai le bonheur de passer toutes mes journées du matin au soir avec un homme de génie qui est moi, et c'est fort agréable. » Victor Hugo, Notre-Dame de Paris % « Qu'est-ce que la mort, à tout prendre ? Un mauvais moment, un péage, le passage de peu de choses à rien. » Victor Hugo, Notre-Dame de Paris % « Maître Olivier, les princes qui règnent aux grandes seigneureries, comme rois et empereurs, ne doivent pas laisser engendrer la somptuosité en leurs maisons ; car de là ce feu court par la province. » Victor Hugo, Notre-Dame de Paris % « C'était une de ces têtes mal conformées où l'intelligence est à peu près aussi à l'aise que la lumière sous l'éteignoir. » Victor Hugo, Notre-Dame de Paris % « Chacun sait que les grandes richesses ne se tirent pas des belles-lettres, et que les plus consommés aux bons livres n'ont pas toujours gros feu l'hiver. La seule avocasserie prend tout le grain et ne laisse que la paille aux autres professions scientifiques. Il y a quarante très excellents proverbes sur le manteau troué des philosophes. » Victor Hugo, Notre-Dame de Paris % « Il y a des moments dans la vie où l'on est toujours de la religion du temple qu'on a sous la main. » Victor Hugo, Notre-Dame de Paris % « Si je bois, c'est pour rendre les autres intéressants. » W.C. Fields % « On dit qu'au fond d'une urne habite l'espérance ; Au fond d'un pot de vin cherchons notre assurance. » Edouard Pailleron % « Le pastis, c'est comme les seins. Un c'est pas assez et trois c'est trop. » Fernandel % « La vérité, ce n'est pas ce qui se démontre, mais ce qui simplifie » Antoine de Saint-Exupéry % « Aimer, ce n'est pas se regarder l'un l'autre, mais regarder ensemble dans la même direction » Antoine de Saint-Exupéry % « La nostalgie, c'est le désir d'on ne sait quoi... Il existe, l'objet du désir, mais il n'est point de mots pour le dire. » Antoine de Saint-Exupéry (Terre des hommes) % « Si je diffère de toi, loin de te léser, je t’augmente.” Antoine de Saint-Exupéry % « Le cochon dit à la poule : "Les oeufs, pour toi, c'est un engagement partiel ; le bacon pour moi, c'est un engagement total". » Philippe Meyer % « Si je devais recommencer ma vie, je n’y voudrais rien changer ; seulement j’ouvrirais un peu plus grand les yeux. » Jules Renard % « Ne juge pas chaque jour à la récolte que tu fais, mais aux graines que tu sèmes » Robert Louis Stevenson % « On ne va jamais si loin que lorsque l'on ne sait pas où l'on va. » Rivarol % « C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière. » Edmond Rostand % « On peut feindre d'avoir du coeur, pas de l'esprit. » Paul Morand % « C'est la fièvre de la jeunesse qui maintient le reste du monde à la température normale. Quand la jeunesse se refroidit, le reste du monde claque des dents. » Bernanos (Les Grands Cimetières sous la Lune, 1938) % « Le bonheur est la forme charnelle de l'espérance » Bernanos % « Il n'est qu'un moyen de rabaisser son orgueil, c'est de s'élever plus haut que lui, ma fille. Mais on ne se contorsionne pas pour devenir humble, comme un gros chat pour entrer dans la ratière. La véritable humilité est d'abord une décence, un équilibre. » Bernanos, Le dialogue des carmélites % « L'infirmité de notre nature veut que ce soit d'abord en autrui que nous découvrions nos propres misères. » Bernanos, Le dialogue des carmélites % « Mon enfant, qui qu'il advienne ne sortez pas de la simplicité. A lire nos bons livres, on pourrait croire que Dieu éprouve les saints comme un forgeron une barre de fer pour en mesurer la force. Il arrive pourtant aussi qu'un tanneur éprouve entre ses paume une peau de daim pour en apprécier la souplesse. Oh ! ma fille, soyez toujours cette chose douce et maniable dans Ses mains ! Le saints ne se raidissaient pas contre les tentations, ils ne se révoltaient pas contre eux-memes, la révolte est toujours une chose du diable, et surtout ne vous méprisez jamais ! Il est très difficile de se mépriser sans offenser Dieu en nous. » Bernanos, Le dialogue des carmélites % « Le Seigneur a vécu et vit toujours pari nous comme un payvre, le moment vient toujours où Il décide de nous faire pauvres comme Lui, afin d'être reçu et honoré par les pauvres, à la manière des pauvres, de retrouver ainsi ce qu'Il a connu jadis tant de fois sur les routes de Galilée, l'hospitalité des misérables, leur simple accueil. » Bernanos, Le dialogue des carmélites % « J'ai toujours craint seulement que vous ne vous trompiez lorsque la générosité vous inspire d'opposer à l'exaltation du mal l'exaltation du bien, ainsi que deux voix puissantes qui cherchent à se couvrir l'une l'autre. C'est quand le mal fait le plus de bruit que nous devons en faire le moins, tels sont la tradition et l'esprit d'un ordre comme le nôtre, voué à la contemplation. Oui, c'est quand le pouvoir du mal, qui n'est d'ailleurs qu'apparence et illusion, se manifeste avec plus d'éclat que Dieu redevient le petit enfant de la Crèche, comme pour échapper à sa propre justice, aux exigences de sa propre justice, et pour ainsi dire la tromper. » Bernanos, Le dialogue des carmélites % « Oh ! je ne suis qu'une pauvre religieuse très terre à terre et pourtant j'ai toujours volontiers pensé que si la force est une vertu, il n'y a pas assez de cette vertu pour tout le monde, que les forts sont forts aux dépens des faibles et que la faiblesse sera finalement réconciliée et glorifiée dnas l'universelle rédemption... » Bernanos, Le dialogue des carmélites % « Pourquoi perdre son temps à vouloir contredire son épouse ? Il est beaucoup plus simple d'attendre qu'elle ait changé d'avis. » Jean Anouilh % « Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage, Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, Polissez-le sans cesse, et le repolissez, Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. » Nicolas Boileau % « Avant donc que d'écrire, apprenez à penser. » Nicolas Boileau % « Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, Et les mots pour le dire arrivent aisément. » Nicolas Boileau % « Aimez qu'on vous conseille, et non pas qu'on vous loue » Nicolas Boileau % « Aimez donc la raison ; que toujours vos écrits Empruntent d'elle seule et leur lustre et leur prix. » Nicolas Boileau % « Les Etats-Unis sont le seul pays à être passé de la barbarie à la décadence sans connaître la civilisation. » Albert Einstein % « Un homme qui n'est plus capable de s'émerveiller a pratiquement cessé de vivre. » Albert Einstein % « Le langage des chiffres a ceci de commun avec le langage des fleurs : on lui fait dire ce que l'on veut. » Jean Gabin (dans "Le Président") % « Pendant toutes ces années de folie collective et d'auto-destruction, je pense avoir vu tout ce qu'un homme peut voir : des populations jetées sur les routes, des enfants jetés dans la guerre ; des vainqueurs et des vaincus finalement réconciliés dans des cimetières que leur importance a élevés au rang de curiosités touristiques ! La paix revenue, j'ai visité les mines, j'ai vu la police charger des grévistes, je l'ai vue aussi charger des chomeurs j'ai vu la richesse de certaines contrées et l'incroyable pauvreté de certaines autres. Et bien durant toutes ces années, je n'ai jamais cessé de penser à l'Europe ! M. Chalaman, lui, a passé une partie de sa vie dans une banque, à y penser aussi. Nous ne parlons forcément pas de la même Europe. » Jean Gabin (dans "Le Président") % « La Politique, messieurs, devrait être une vocation. Je suis sûr qu'elle l'est pour certain d'entre vous. Mais pour le plus grand nombre, elle est un métier. Un métier qui ne rapporte pas aussi vite que beaucoup le souhaiterait et qui nécessite de grosses mises de fonds. Une campagne électorale coûte cher. Mais pour certaines grosses sociétés, c'est un placement amortissable en quatre ans. Et pour peu que le protégé se hisse à la présidence du conseil, alors là, le placement devient inespéré. Les financiers d'autrefois achetaient des mines à Djelizer ou à Bazoa. Et bien ceux d'aujourd'hui ont compris qu'il valait mieux régner à Matignon que dans l'Oubangui, et que de fabriquer un député coûtait moins chez que de dédommager un roi nègre. » Jean Gabin (dans "Le Président") % « Dieu se rit de ceux qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. » Bossuet % « C'est une grande misère de n'avoir pas assez d'esprit pour bien parler, ni assez de jugement pour se taire. » La Bruyère % « Qui exige ou menace perd tout droit à la courtoisie. » Joseph Kessel % « Mais le secret essentiel de l'art, c'était la faculté de toucher du bout des doigts l'essence de la maladie, de mesurer son intensité et savoir le centre vial d'où elle rayonnait. L'éducation la plus poussée, la plus raffinée de l'épiderme ne suffisait point. Pour rendre les minuscules antennes tactiles capables de sentir tous les nerfs de l'organisme et de répondre pour ainsi dire à leur appel, le praticien devait, en vérité, sortir de son propre corps et pénétrer dans celui du patient. Ce pouvoir, seules le permettaient les méthodes millénaires des grandes initiations religieuses de l'Extrême-Orient, qui, par les voies de la concentration spirituelle, des exercices respiratoires spéciaux, et des états intérieurs tirés du Yoga, portent l'esprit et les sens à un degré d'acuité, d'intuition inaccessible autrement. » Joseph Kessel, Les mains du miracle % « Déconner, c'est se vider de la connerie acquise par osmose. » Frédéric Dard % « Quand on aime, ou bien l'on n'a point de peine, ou bien l'on aime jusqu'à sa peine. » Saint Augustin (354-430) % « Savoir s'étonner à propos est le premier mouvement de l'esprit vers la découverte. » Louis Pasteur % « Rire, cette façon simple et belle d'exprimer notre ravissement. » Didier Decoin % « Les hommes politiques sont des héros qui doivent immoler leur conscience chaque fois qu'elle se met en travers de leur carrière. » Henri de Montfreid % « Les hommes aiment la guerre et les femmes aiment les militaires. Pauvre paix !» Gilbert Cesbron (1913-1979), de petites choses % « Quelle que soit la chose que vous pouvez rêver de faire, faites-là. L'audace a du génie, de la puissance et de la magie. » Goethe % « Il faut toujours prier comme si l'action était inutile et agir comme si la prière était insuffisante. » Sainte Thérèse de Lisieux % A propos de Jean-Paul II « De nos jours, de nombreux prêtres s'efforcent d'être comme les jeunes. Nous nous évertuions à être comme lui. » % Jean-Paul II - à comprendre « Après bien des expériences et mûres réflexions, je suis persuadé que le point de départ (objectif) de l'amour est de réaliser qu'un autre a besoin de moi. La personne qui objectivemment a le plus besoin de moi est objectivemment celle à laquelle je suis moi-même le plus attaché. Ceci est un fragment de la logique profonde de la vie, mais aussi de la confiance que nous avons en le Créateur et en la Providence. » J'aurais tendance à penser au contraire que j'ai besoin des personnes que j'aime. J'aime une personne pour ce qu'elle m'apporte et non pour ce que je lui apporte. % « - Juif vous êtes ? Juif vous avez l'air ! - Faut mettre l'adjectif à la fin, pas au début. - Was? - On dit pas : "juif vous avez l'air", mais "vous avez l'air juif". Si je vous dis : "con vous avez l'air", c'est pas français. C'est juste... mais c'est pas français. » Belmondo, l'as des as, 23'20 % « C'est pas parce que 38 millions de mecs font une connerie que c'est pas une connerie » Belmondo, l'as des as, 37'30 % « Moi l'avenir, j'le vois du côté de Camberra, bourré de pognon et inconnu, c'est à dire honorable. » Audiard, Mélodie en sous-sol % « Personne au monde n'empêchera les gens de parler dans ton dos. Le principal, c'est qu'il se taisent quand tu te retournes. » Audiard, Un idiot à Paris % « J'suis ancien combattant, militant socialiste et bistrot, c'est dire si dans ma vie j'ai entendu des conneries, mais comme celle-là, jamais ! » Un idiot à Paris, 1h08'28" % « Vous savez quelle différence il y a entre un con et un voleur ? - Un voleur, de temps en temps ça se repose. » Michel Audiard % « Il arrive dans la vie de chacun d'entre nous un moment où, voyant un être aimé dans le besoin, nous nous posons tous la même question. Je veux l'aider Seigneur, mais de quoi a t'il besoin ? Tant il est vrai que nous sommes rarement en mesure d'aider nos proches, soit que nous ignorions quelle part de nous même donner, soit que la part que nous avons à donner ne convienne pas. Ainsi ce sont ceux que nous devrions connaître qui nous échappent. Mais nous pouvons les aimer quand même, les aimer sans les comprendre, les aimer d'un amour sans limites. » Et au milieu coule une rivière, Robert Redford % « Pierre, le mensonge est la base de la vie amoureuse comme c'est le ciment de la vie sociale. » Le déclin de l'empire américain % « Le vrai discours, c'est de faire la lumière dans le dessein de réunir et d'harmoniser les êtres et les choses. L'union dans le silence et l'union dans les mots qui découlent de ce silence. L'union est une extension de la vision illuminante. » Michael D. O'Brien, La librairie Sophia % « Une chose n'est pas dite en vérité, sauf si le locuteur est prêt à offrir son propre sang comme gage des mots qui sortent de sa bouche ou de sa plume. Il n'est pas nécessaire que le sang coule véritablement mais être prêt à verser son sang est un critère essentiel d'authenticité. Dans les incertitudes de la vie, il peut nous être demandé de verser notre sang ou non. Ce n'est pas nous qui décidons. Notre acte libre est d'en avoir le désir. » Michael D. O'Brien, La librairie Sophia % « On doit garder une certaine vigilance du coeur qui est essentielle au don total de soi-même. Un tel don n'est pas possible sans la prière car l'homme n'est pas capable, par lui-même, de contrôler le désir d'union et de plénitude. En réalité, je soupçonne que nous ne sommes pas faits pour être notre propre maître. Si, dans le mariage, il faut trois personnes pour faire une union - l'épouse, l'époux et le Créateur - il doit en être de même en amitié. Ami ou amant, il doit y avoir un gardien aux portes de ton coeur, et ce gardien, c'est la Vérité. Si tu ignores délibérément ses avertissements, tu ne peux ignorer que c'est un choix que tu fais. Toi seul es responsable de ce qui doit arriver: la mort de l'Amour. » Michael D. O'Brien, La librairie Sophia % « La grâce n'est pas un tour de magie. La grâce, c'est l'amour de Dieu qui se répand en vous et votre réponse à la grâce doit être l'amour que vous lui rendez. - Pourquoi est-ce qu'il ne me transforme pas tout simplement ? - Il vous transforme, jour après jour. [...] Chaque jour, vous allez vers celui qui vous aime et chaque jour vous lui demandez la grâce de faire le bien, seulement le bien. Il la donne. Lentement, lentement - c'est peut-être l'oeuvre de toute une vie - vous savez de plus en plus profondément qu'il est là, qu'il est votre Père et Seigneur, qu'il vous aime d'un amour total, qu'il ne vous abandonnera jamais. Vous et lui bâtissez ensemble cette union de confiance. La confiance n'est pas magique. La confiance se construit lentement, lentement, avec patience et soin. » Michael D. O'Brien, La librairie Sophia % « Quel est le secret du conteur ? Il observe. Il réfléchit sur ce qu'il a vu. Il en souffre. Et de cette souffrance il crée une histoire. L'âme de son auditoire reconnaît que c'est une histoire vraie, même si elle parle d'un cerf sautant sur les nuages ou d'enfants dansant sur les vagues de la mer. Ce n'est pas simplement un divertissement. C'est de la nourriture. » Michael D. O'Brien, La librairie Sophia % « Pourquoi sommes-nous toujours en train de courir vers une fin indéfinie ? - Le temps est un luxe que nous ne pouvons pas nous offrir. - Le temps est une nécessité. Le temps et le silence. Autrement, nous risquons de répéter le passé, de nous retrouver en train de faire exactement ce que nos oppresseurs ont fait un jour. » Michael D. O'Brien, La librairie Sophia % « Quoique puissent dire Aristote et toute la Philosphie, il n'est rien d'égal au tabac : c'est la passion des honnêtes gens, et qui vit sans tabac n'est pas digne de vivre. Non seulement il réjouit et purge les cerveaux humains, mais encore il instruit les âmes à la vertu, et l'on apprend avec lui à devenir honnête homme. Ne voyez-vous pas bien, dès qu'on en prend, de quelle manière obligeante on en use avec tout le monde, et comme on est ravi d'en donner à droite et à gauche, partout où l'on se trouve ? On n'attend même pas qu'on en demande, et l'on court au-devant du souhait des gens : tant il est vrai que le tabac inspire des sentiments d'honneur et de vertu à tous ceux qui en prennent. » Molière, Dom Juan % « Quoi ? tu veux qu'on se lie à demeurer au premier objet qui nous prend, qu'on renonce au monde pour lui, et qu'on n'ait plus d'yeux pour personne ? La belle chose de vouloir se piquer d'un faux honneur d'être fidèle, de s'ensevelir pour toujours dans une passion, et d'être mort dès sa jeunesse à toutes les autres beautés qui nous peuvent frapper les yeux ! Non, non : la constance n'est bonne que pour des ridicules ; toutes les belles ont droit de nous charmer, et l'avantage d'être rencontrée la première ne doit point dérober aux autres les justes prétentions qu'elles ont toutes sur nos coeurs. » Molière, Dom Juan % « Je me disais donc que le monde est dévoré par l'ennui. Naturellement, il faut un peu réfléchir pour se rendre compte, ça ne se saisit pas tout de suite. C'est une espèce de poussière. Vous allez et venez sans la voir, vous la respirez, vous la mangez, vous la buvez, et elle est si fine, si ténue qu'elle ne craque même pas sous la dent. Mais que vous vous arrêtiez une seconde la voilà qui recouvre votre visage, vos mais. Vous devez vous agiter sans cesse pour secouer cette pluie de cendres. Alors le monde s'agite beaucoup. » Georges Bernanos, Journal d'un curé de campagne % « Pour quiconque a l'habitude de la prière, la réflexion n'est trop souvent qu'un alibi, qu'une manière sournoise de nous confirmer dans un dessein. Le raisonnement laisse aisément dans l'ombre ce que nous souhaitons d'y tenir caché. L'homme du monde qui réfléchit calcule ses chances, soit ! Mais que pèsent nos chances, à nous autres qui avons accepté, une fois pour toutes, l'effrayante présence du divin à chaque instant de notre pauvre vie ? A moins de perdre la foi - et que lui reste-t-il alors, puisqu'il ne peut la perdre sans se renier ? - un prêtre ne saurait avoir de ses propres intérêts la claire vision, si directe - on voudrait dire si ingénue, si naive - des enfants du siècle. Calculer nos chances, à quoi bon ? On ne joue pas contre Dieu. » Georges Bernanos, Journal d'un curé de campagne % « Son tort, ça n'a pas été de combattre la saleté, bien sûr, mais d'avoir voulu l'anéantir, comme si c'était possible. Une paroisse, c'est sale, forcément. Une chrétienté, c'est encore plus sale. Attendez le grand jour du Jugement, vous verrez ce que les anges auront à retirer des plus saints monastères, par pelletés - quelle vidange ! Alors, mon petit, ça prouve que l'Eglise doit être une solide ménagère, solide et raisonnable. Ma bonne soeur n'était pas une vraie femme de ménage : une vraie femme de ménage sait qu'une maison n'est pas un reliquaire. Tout ça, ce sont des idées de poête. » Georges Bernanos, Journal d'un curé de campagne % « Le bon Dieu n'a pas écrit que nous étions le miel de la terre, mon garçon, mais le sel.Or, notre pauvre monde ressemble au vieux Job sur son fumier, plein de plaies et d'ulcères. Du sel sur une peau à vif, ça brûle. Mais ça empêche aussi de pourrir. Avec l'idée d'exterminer le diable, votre autre marrotte est d'être aimés, aimés pour vous-mêmes, s'entend. Un vrai prêtre n'est jamais aimé, retiens ça. Et veux-tu que je te dise ? L'Eglise s'en moque que vous soyez aimés. » Georges Bernanos, Journal d'un curé de campagne % « La moindre poupée de quatre sous fait les délices d'un gosse toute une saison, tandis qu'un vieux bonhomme baillera devant un billet de cinq cents francs. Pourquoi ? Parce qu'il a perdu l'esprit d'enfance. Hé bien, l'Eglise a été chargée par le bon Dieu de maintenir dans le monde cet esprit d'enfance, cette ingénuité, cette fraicheur. Le paganisme n'était pas l'ennemi de la nature, mais le christianisme seul l'agrandit, l'exalte, la met à la mesure de l'homme, du rêve de l'homme. Je voudrais tenir un de ces savantasses qui me traitent d'obscurantiste, je lui dirais : ce n'est pas ma faute si je porte un costume de croque-mort. Après tout, le Pape s'habille bien en blanc, et les cardinaux en rouge. J'aurais le droit de me promener vêtu comme la Reine de Saba, parce que j'apporte la joie. Je vous la donnerai pour rien si vous me la demandiez. L'Eglise dispose de la joie, de toute la part de joie réservée à ce triste monde. » Georges Bernanos, Journal d'un curé de campagne % « Lorsqu'il m'arrive d'avoir une idée - une de ces idées qui pourraient être utiles aux âmes, bien entendu, parce que les autres !... - j'essaie de la porter devant le bon Dieu, je la fais tout de suite passer dans ma prière. C'est étonnant comme elle change d'aspect. On ne la reconnaît plus, des fois... » Georges Bernanos, Journal d'un curé de campagne % « Nous sommes à la fois un corps qui a besoin d'être nourri, un esprit qui a besoin de se cultiver et un coeur qui a besoin d'aimer. » Thierry Bizot % « Que chacun s'efforce dans le milieu où il se trouve de témoigner à d'autres une véritable humanité. C'est de cela que dépend l'avenir du monde. » Albert Schweitze % « On avale à pleine gorgée le mensonge qui nous flatte, et l'on boit goutte à goutte une vérité qui nous est amère. » Diderot % L’Église en effet « ne grandit pas par le prosélytisme, elle grandit par l'attraction, par le témoignage. Et quand les personnes, les peuples voient ce témoignage d’humilité, de douceur, de mansuétude, ils ressentent le besoin dont parle le prophète Zacharie: ‘Nous allons avec vous !’ (Zacharie 8,20-23) ». « La charité est simple : adorer Dieu et servir les autres ! Et ce témoignage fait grandir l’Église » car « les gens ressentent ce besoin devant le témoignage de la charité, de cette charité humble, sans arrogance, sans suffisance, qui adore et sert ». Zenit citant le pape François % «Être apôtre ne signifie pas porter un insigne à sa boutonnière, ne signifie pas proclamer la vérité, c’est la vivre, la laisser s’incarner en nous, nous laisser transformer en Christ. Être apôtre, ce n’est pas porter une torche à la main, ce n’est pas posséder la lumière, c’est être lumière. » Saint Alberto Hurtado sj. % « Cherche la vérité tant que tu es jeune, parce que si tu ne le fais pas, ensuite elle t’échappera des mains. » Platon, Parménide, 135d % « Quand, dans un Etat, vous ne percevez le bruit d’aucun conflit, vous pouvez être sûr que la liberté n’y est plus. » Edouard Herriot % « L'absolu est chassé de la politique fort heureusement, mais une société sans absolu est une société morte. Les couples qui vivent l'absolu au quotidien sont la chance de la cité. » Jacques de Bourbon Busset, Lettre à Laurence % « Je viens d'écrire ces lignes et me voici submergé par une vague de tristesse. Tu me manques. Je voudrais te voir, t'entendre, te toucher. J'ai édifié contre ces vagues qui surviennent sans prévenir un barrage de raisonnements, de souvenirs, d'images mais, parfois, elles sont trop fortes et démolissent tout. Je ne puis faire qu'une chose : attendre le reflux. » Jacques de Bourbon Busset, Lettre à Laurence % « Je voudrais montrer qu'on s'accomplit en aidant l'autre à s'accomplir. L'individu n'est pas une fleur en pot qu'on cultive avec soin. L'homme n'existe que s'il s'expose. Il se trouve en s'oubliant. Il se fait en aidant un autre à se faire. » Jacques de Bourbon Busset, Lettre à Laurence % « [...] Aimer sans calculs, à tous risques sest imposé à nous, ce soir là et pour toujours, comme notre règle de vie, notre honneur et notre joie. » Jacques de Bourbon Busset, Lettre à Laurence % « Quel admirable métier que d'aider à faire pousser tout ce qui demande à vivre ! » Laurence de Bourbon Busset % « Ne vous laissez pas voler l’espérance. Qu’on ne nous vole pas l’espérance, parce que cette force est une grâce, un don de Dieu qui nous porte en avant, en regardant le ciel. » Pape François % Quelle que soit sa croyance, ou ses opinions, un malheureux est avant tout un malheureux ; et nous ne devons lui faire tourner la face vers notre sainte mère l'Eglise qu'après l'avoir sauvé de la faim ou du désespoir. Et, encore, devons-nous le convertir plus par l'exemple et par la douceur qu'autrement ; car nous croyons que Dieu nous aide en ceci. Toute contrainte est donc mauvaise. Balzac % Et il arrêta sur Godefroid un regard qui avait l'expression curieuse et piquante des yeux du juif polonais, ces yeux qui semblent avoir des oreilles. Balzac % A mesure que l'on monte en haut de la société, il s'y trouve autant de boue qu'il y en a par le bas ; seulement elle s'y durcit et se dore. Balzac, La duchesse de Langeais % « Partout, lorsque vous rassemblerez des familles d'inégale fortune sur un espace donné, vous verrez se former des cercles supérieurs, des patriciens, des première, seconde et troisième sociétés. L'égalité sera peut-être un droit, mais aucune puissance humaine ne saura le convertir en fait. Il serait bien utile pour le bonheur de la France d'y populariser cette pensée. » Balzac, La duchesse de Langeais % « Le Faubourg Saint Germain a joué avec des bâtons, en croyant qu'ils étaient tout le pouvoir. [...] Au lieu de jeter les insignes qui choquaient le peuple et de garder secrètement la force, il a laissé saisir la force à la bourgeoisie, s'est cramponné fatalement aux insignes, et a constamment oublié les lois que lui imposait sa faiblesse numérique. » Balzac, La duchesse de Langeais % « A toute heure, l'homme d'argent pèse les vivants, l'homme des contrats pèse les morts, l'homme de loi pèse la conscience. Obligés de parler sans cesse, tous remplacent l'idée par la parole, le sentiment par la phrase, et leur âme devient un larynx. » Balzac, la fille aux yeux d'or % « Il vit un cabriolet de place, qui stationnait au coin de Frasscati, en attendant quelques joueurs, il le réveilla, se fit conduire chez lui, se coucha, et s'endormit du sommeil des mauvais sujets, lequel, par une bizzarrerie dont aucun chansonnier n'a encore tiré parti, se trouve être aussi profond que celui de l'innocence. Peut-être est-ce un effet de cet axiome proverbial : les extrêmes se touchent. » Balzac, la fille aux yeux d'or % « Aucune de ces françaises ne put créer de salon où les sommités sociales vinssent prendre des leçons de goût et d'élégance. Leur voix jadis si imposante en littérature, cette vivante expression des sociétés, y fut tout à fait nulle. Or, quand une littérature n'a pas de système général, elle ne fait pas corps et se dissout avec son siècle. » Honoré de Balzac, La duchesse de Langeais % "De fait, le rire est certainement la plus courte distance entre deux cerveaux, un phénomène de contagion irrésistible qui crée un lien social instantané." Daniel Goleman, Cultiver l'intelligence relationnelle % « L’apôtre est toujours aux aguets, il accepte que certaines choses finissent, il voit monter les jeunes générations. Il vit penché sur la face mobile du monde…. Il doit insérer son action au plus vif de son temps. » Madeleine Daniélou (1880-1956) % « En réalité, cette orchestration bruyante [provoquée par l'utilisation de powerpoint] dissimule l'indigence intellectuelle, dans la mesure où le nombre préprogrammé des transparents et maquettes qu'il s'agit de présenter et de commenter est un cadre très contraignant, qui oblige à des raccourcissements abrupts des phrase, à des formulations elliptiques et sémantiquement creuses, ainsi qu'à l'élimination des mots d'articulation logique, de sorte qu'à travers l'illusion de comprendre, les destinataires sont, en réalité, privés d'une réelle discussion et des moyens de prendre une décision raisonnée. » Claude Hagège, Contre la pensée unique % « Les mots ne sont pas de neutres habits pour les idées ; c'est souvent par leur jeu libre et inattendu que se fait l'émergence des idées neuves. L'emploi d'une langue étrangère ne peut évidemment que brider les associations, voire les lapsus, source de créativité. [...] Qu'on pense, pas exemple, à la difficulté pour qui est nourri, même sans le savoir, d'une tradition fondée sur Descartes, Comte, Bachelard, etc., à exprimer sa pensée en anglais... Ainsi donc, sauf à se contenter de la production, en série, de résultats scientifiques interchangeables et éphémères, et si l'on veut garder à la science la vitalité d'une activité culturelle, la nécessaire pluralité de la pensée exige celle de la langue. [...] Il nous faut [...] promouvoir, dans la science, la multiplicité des langues parlées. » Lévy-Leblond (1996, p. 259), cité par Hagège % « L'espèce humaine est capable de produire des formes de pensée et d'action, ainsi que des structures sociales et politiques, opposées aux périls de la spécialisation. Qu'était, par exemple, la Grèce antique ? C'était, il faut bien l'admettre, un agrégat extrêmement fragmenté de cités très jalouses de leur indépendance, et dotées, chacune, de son organisation sociale propre, de son corpts de lois, de sa Constitution, de ses particularités culturelles. Or c'est à cet ensemble hétéroclite que le monde doit d'innombrables découvertes, c'est à ses savants que l'on peut imputer, pour la première fois, la définition de la méthode scientifique. La rivalité entre les cités grecques, l'absence de structure commune qui aurait figé cet ensemble si divers en un Etat unique, tel est le secret de la fécondité culturelle de la Grèce antique. Tel est aussi celui du foisonnement artistique de l'Italie et de la Renaissance, et de l'allemagne du Saint Empire du milieu du XVIe à la fin du XVIIIe siècle, mosaïques de petits Etats souverains [...]. » Claude Hagège, Contre la pensée unique % « A l'opposé de la spécialisation se trouve la spéciation, c'est-à-dire les traits particuliers acquis au cours de l'évolution pas les espèces vivant en milieux isolés. D'une façon comparable, l'isolement culturel relatif produit une spéciation intellectuelle dont les exemples sont ceux [...] de la Grèce antique, de l'Italie, de l'Allemagne de l'âge classique, ainsi que de l'Allemagne et de la France des années 1933-1945. Une pensée isolée a plus de chances de s'orienter, contrairement à celle que sécrète le monde scientifique uniformément américanisé d'aujourd'hui, vers des rivages inexplorés, qui sont susceptibles d'offrir des réponses originales à des problèmes jusque-là insolubles. Ainsi s'ouvre une possibilité d'inverser le processus qui conduit, par excès de spécialisation, à des culs-de-sac évolutifs, comme ceux qui résultent, en économie politique, de la perpétuation de la réponse néolibérale aux problèmes du monde contemporain. Cette perpétuation figure le péril d'une entropie qui risque de créer une sous-différenciation analogue à celle qui, dans le système cellulaire, produit, à l'extrême, un cancer envahissant son hôte par les mêmes cellules malignes de plus en plus développées et de plus en plus dévoreuses. L'uniformité produit un milieu homogène, dans lequel il est dangeureux de vivre, car il impose un équilibre, lequel, loin d'être un idéal, résulte de la pression artificielle exercée par la prétendue mondialisation. » % « Traduire en français une phrase anglaise, c'est copier au crayon gris une figure en couleur. Réduisant ainsi les aspects et la qualité des choses, l'esprit français aboutit à des idéees générales, c'est-à-dire simples, qu'il aligne dans un ordre simplifié, celui de la logique. » Taine, cité par Vinay et Darbelnet, 1977, p. 59) « Il est du génie de notre langue de faire prévaloir le dessin sur la couleur. » Gide, Lettre sur le langage % « [...] la traduction est l'activité humaine qui permet de définir le concept de communication en son sens le plus profond : elle s'efforce de rendre exactement, dans toutes les nuances les plus fines, ce que dit un texte de départ. » Claude Hagège, Contre la pensée unique % « L'un des moyens les plus sûrs de favoriser [la prise de conscience de l'influence négative d'une pensée unique] et les comportements qu'elle suscitera est la place croissante qui doit être donnée dans les familles, comme à l'école, comme dans les recommendations officielles de l'Etat, à une activité de base sur laquelle s'articule toute construction d'un esprit libre et capable d'opposer une résistance victorieuse aux assauts répétés de la pensée unique. Cette activité a un nom simple : la lecture. C'est parce que la dévalorisation de sa propre culture est, dans chaque pays, la conséquence, en même temps que le critère, du succès d'une guerre destinée à asseoir une hégémonie par abrasion des spécificités culturelles, qu'un chemin d'action essentiel consiste à revaloriser chaque culture face à la culture américaine. » Claude Hagège, Contre la pensée unique % « La culture coûte cher ? Essayez l'ignorance ! » Affichette dans la rue à Bécherel, citée par Hagège % « La langue de communication chez Sanofi-Aventis n'est certainement pas l'anglais. Dans une multinationale, tout le monde peut parler sa langue maternelle. Dans les réunions, nous avons besoin du meilleur que peut produire la matière grise des participants. Si nous imposons l'usage de l'anglais à tous, les natifs anglophones fonctionneront à 100% de leur potentiel. Ceux qui le parlent bien en tant que seconde langue seront à 50% de leur rendement et ce taux descendra à 10% avec les autres. Si nous voulons tous devenir des Anglo-Saxons, nous ne devrions pas être surpris que les Anglo-Saxons soient les seuls gagnants. » J.-F. Dehecq, PDG de Sanofi-Aventis (2004) % « L'État, dans nos démocraties, était conçu comme l'agent de la volonté générale, mais il est devenu l'agent de la volonté de la majorité. Or, dans un État moderne, la majorité subit un changement orienté et constant qui ne doit rien au hasard, et qui grippe la machine. On constate, dans les grandes démocraties occidentales, que des moments historiques décisifs sont à la merci de moins de 1 %, et l'on pense tout de suite à l'élection du président Kennedy.» André Malraux, Déclarations du 12 mai 1976 % « Toutes les grandes civilisations, ordonnées par des valeurs suprêmes, généralement religieuses, ne fonctionnaient que parce qu'elles avaient conçu un type exemplaire de l'homme. On savait ce qu'était un homme « bien », et cela en dehors de toute considération de classe. d'ailleurs, dans les deux pays qui, les premiers, ont eu une influence mondiale – l'espagne et l'angleterre – il y a eu un mot pour désigner ce type d'homme : gentleman et caballero. » André Malraux, Déclarations du 12 mai 1976 % « L'audio-visuel n'est pas qu'un nouveau moyen d'enseignement mais – et je vais m'expliquer – un professeur d'intérêt. » André Malraux, Déclarations du 12 mai 1976 % « La France, au XIXe siècle, a apporté au monde l'individualisme, avec la légitimation colossale de Napoléon. Julien Sorel lisait Le Mémorial de Sainte-Hélène. Si un Italien avait dit qu'il lisait Cavour, cela n'aurait pas fait le poids. II y a donc eu à la fois l'expression de l'individualisme par de très grands écrivains et sa justification par un personnage historique. » André Malraux, Déclarations du 12 mai 1976 % « Il faut croire, dit le ministre, que nous sommes démodés. La gaieté est démodée. Le bonheur coupable. L'ambition tarée. Tout ce qui faisait la joie de vivre. Quand j'étais jeune... - Comparaison interdite, monsieur le ministre ! dit le colonel. Cela non plus ne se fait plus. D'ailleurs, elle est sans objet. Ecoutez ces vieillards de vingt ans et leurs prières atroces. Vous trouvez que c'est une inspiration, pour des jeunes gens ? Tous alignés sur le plus pauvre, le plus crotté, le plus stupide, le plus inutile, le plus malheureux et surtout, ne jamais hausser les yeux sur n'importe quoi d'un peu élevé, d'un peu personnel, c'est moins fatiguant ! Quel que soit le monde qu'on veuille construire, ce n'est pas ainsi qu'on y arrive ! Et surtout ne pas se hisser au dessus de la foule sur les épaules du voisin, plutôt ramper à ras de terre, avec tout le monde... - Vous devenez épouvantablement sérieux, mon colonel, remarqua l'officier. - C'est juste, dit le colonel, cela ne se renouvellera plus. » Raspail, le camp des saints % « Si vous songez à faire la cour aux hommes qui ont la puissance, votre perte éternelle est assurée. Vous pourrez faire fortune, mais il faudra nuire aux misérables, flatter le sous-préfet, le maire, l'homme considéré, et servir ses passions : cette conduite, qui dans le monde s'appelle savoir-vivre, peut, pour un laïque, n'être pas absolument incompatible avec le salut ; mais dans notre état, il faut opter ; il s'agit de faire fortune dans ce monde ou dans l'autre, il n'y a pas de milieu. » Stendhal, Le rouge et le noir % « L'importance ! Monsieur, n'est-ce rien ? Le respect des sots, l'ébahissement des enfants, l'envie de riches, le mépris du sage. » Barnave % « La marche ordinaire du XIXè siècle est que, quand un être puissant et noble rencontre un homme de coeur, il le tue, l'exile, l'emprisonne ou l'humilie tellement, que l'autre a la sottise d'en mourir de douleur. » Stendhal, Le rouge et le noir % « Le grand malheur des petites villes de France et des gouvernements par élections, comme celui de New York, c'est de ne pas pouvoir oublier qu'il existe au monde des êtres comme M. de Rênal. Au milieu d'une ville de vingt mille habitants, ces hommes font l'opinion publique, et l'opinion publique est terrible dans un pays qui a la charte. Un homme doué d'une âme noble, généreuse, et qui eût été votre ami, mais qui habite à cent lieues, juge de vous par l'opinion publique de votre ville, laquelle est faite par des sots que le hasard a fait naître nobles, riches et modérés. Malheur à qui se distingue ! » Stendhal, Le rouge et le noir % « Au séminaire, il est une façon de manger un oeuf à la coque, qui annonce les progrès faits dans la vie dévote. » Stendhal, Le rouge et le noir % « La joie bruyante de ces paysans bien nourris et bien vêtus, ne savait jouir d'elle-même, ne se croyait entière que lorsqu'ils criaient de toute la force de leurs poumons. » Stendhal, Le rouge et le noir % « Chazel et les plus distingués des séminaristes lui firent des avances, et de seraient presque plaints à lui, de ce qu'il ne les avait pas avertis de la fortune de ses parents, et les avait ainsi exposés à manquer de respect à l'argent. » Stendhal, Le rouge et le noir % « Toujours, il se trouvera un roi qui voudra augmenter sa prérogative ; toujours l'ambition de devenir député, la gloire et les centaines de mille francs gagnés par Mirabeau, empêcheront de dormir les gens riches de la province : ils appelleront cela être libéral et aimer le peuple. [...] Sur le vaisseau de l'Etat, tout le monde voudra s'occuper de la manoeuvre, car elle est bien payée. N'y aura-t-il donc jamais une pauvre petite place pour le simple passager ? » Stendhal, Le rouge et le noir % « Voilà, se dit Julien en sortant de prison, le seul homme gai que j'ai vu en Angleterre. » Stendhal, Le rouge et le noir % « Il avait une voix si douce en prononçant ces paroles, il les accompagnait d'un sourire si loyal et si triste que Mlle Mesureux sentit, la première fois de sa vie, que les principes, pour rigoureux qu'ils fussent, ne tenaient pas toujours contre certains visages.» Joseph Kessel, Nuits de princes % « Pour une française de vieille souche comme l'était Mlle Mesureux, c'est-à-dire habitée plus que personne au monde par le sentiment, la religion du sol natal, ces gens sans pays devenaient d'un seul coup des corps mal attachés à la terre, pas tout à fait humains, et que l'on ne pouvait traiter selon la règle ordinaire. » Joseph Kessel, Nuits de princes % « Le ton de ces gens avait une sincérité, une simplicité irrésistibles. Mlle Mesureux avait l'impression qu'ils allaient dans l'existence plus nus, plus dépouillés que d'autres. Ils semblaient sans défense, par la vertu d'une incurable ingénuité. » Joseph Kessel, Nuits de princes % « Et ces petits carafons plein d'une liqueur transparente qui s'appelait vodka, ce pain noir qui apparaissaient alors sur les tables et que tous regardaient avec attendrissement. Et surtout, surtout, ces changements d'humeur, ces figures fermées, tragiques, qui effrayaient Mlle Mesureux ou, soudain, la faisaient tressaillir par leur rire candide !» Joseph Kessel, Nuits de princes % « Mais chaque fois qu'il rejoignait les quartiers où l'air est plus net, où l'on sent la proximité des arbres et d'une terre qui n'est plus utilisée dans chacun de ses pouces par l'industrie humaine, il pensait à son fils, et ne pouvait se résoudre à l'entraîner vers cette partie de Paris pleine de grondements et de miasmes, où son travail le maintenait. » Joseph Kessel, Nuits de princes % « Vassia hésitait encore à ouvrir les yeux. C'était la minute la plus difficile et qu'il devait choisir avec une précaution infinie pour ne pas fausser tout le délicat mécanisme qui leur permettait de s'aborder en souriant. Vassia releva légèrement ses cils à demi clos, mais alors il vit avec une secrète épouvante qu'il n'était déjà plus temps : un regard d'amour sans mesure était posé sur lui, un regard meurtri, soumis, sacrifié, indicible comme le dévouement et la détresse d'un animal, un de ces regards que l'on ne peut ni accueillir ni rendre, présents trop beau pour la pauvreté humaine. » Joseph Kessel, Nuits de princes % « Certes, il avait cette lenteur, cette gaucherie puissantes qui sentaient la terre, et ses épaules massives étaient comme à l'étroit malgré l'ampleur du vêtement, mais rien en lui ne ressemblait aux moujiks que Nathalie Borissovna se souvenait d'avoir vus dans le domaine de ses parents. Elle reconnut pourtant un trait : le mélange à dose égale de ruse et de bonté dans les plis de la bouche et des yeux. Ces yeux, petits, bridés, Anton Ivanitch les promena longuement sur l'assistance, cette bouche épaisse, intelligente, se fendit largement, cordialement, et Anton Ivanitch déclara : - Heureuse fête à tous et soyez remerciés de votre hospitalité. Alors le regard de Nathalie Borissovna brillat de la flamme heureuse qu'il avait lorsqu'elle pouvait accorder une de ses visions chimériques à la réalite. Ce ton, cette bonhomie, cet accent si pur, enveloppant, et grave, que la vie des villes n'avait pas entamé, il était impossible de s'y tromper. Ainsi parlaient seulement les paysans sibériens qui avaient conservé intact, à l'abri de leurs fleuves géants et de leurs forêts glacés, le vieux langage russe. - Soyez le bienvenu, Anton Ivanitch, dit Fédor avec la joie sérieuse qu'on tous les hommes d'orient pour recevoir un hôte. Asseyez-vous là. » Joseph Kessel, Nuits de princes % « Chouvaloff n'avait pas trompé le prince sur les qualités d'Anton Ivanitch. Il buvait et mangeait en savourant chaque morceau, chaque gorgée avec la reconnaissance comme religieuse des paysans pour la nourriture et la boisson. » Joseph Kessel, Nuits de princes % « Vous allez m'enivrer complètement, dit Nathalie Borissovna. Et dire que vous ne trouvez pas d'autre moyen pour accueillir l'année qui vient. Je n'ai pas besoin de cela, je vous assure. Je n'ai qu'à fermer les yeux et penser : voici que commence un ordre de jours tout neuf, tout propre, et tout vierge. Je n'ai encore rien fait de mal, je n'ai pas eu le temps de le salir. Il est devant moi comme une jeune neige fraîche, sans une trace de pas. Quels visages vais-je rencontrer sur son trajet ? Quels trésors m'attendent à ses détours ? ... Oui, je ferme les yeux, et je pense, et aucun de vos vins, le plus fort, le plus doux, ne peut vous donner autant de joie ni d'émotion. » Joseph Kessel, Nuits de princes % « Ce n'était pas un orgueil vulgaire, conditionné par l'opinion d'autrui, mais un désir de beauté intérieure, de fidélité à soi-même, d'intransigeance à l'égard des engagements pris. Hélène portait en elle un personnage idéal qu'elle avait longuement, amoureusement forgé, et à la ressemblance duquel elle voulait toujours hausser sa propre figure. Souvent, elle avait senti ce double trop parfait, trop exigeant lui dicter ses réponses. » Joseph Kessel, Nuits de princes % « L'orgueil national, mes amis, il n'y a rien à faire. Tenez, moi qui étais socialiste et qui crois l'être encore, les sauvages que nous allons voir - car ce sont des sauvages - me sont plus chers en ce moment que tous les droits de l'homme et du prolétaire. » Joseph Kessel, Nuits de princes % « Il avait ce sourire inimitable d'accueil et cette noblesse simple dans l'hospitalité que ne connaissent plus les hommes d'Occident. » Joseph Kessel, Nuits de princes % « Au moins cela s'est fait vite, au moins on n'a pas prononcé de paroles inutiles ! C'était son unique consolation quand, franchissant le seuil, il découvrit à la rue, à la ville, cet aspect étranger et transformé que prennent les choses quand notre coeur en a pris congé. Il se retourna pour jeter un regard sur la porte ; c'était désormais la porte d'une maison étrangère, elle lui était fermée. » Hermann Hesse, Narcisse et Goldmund % « Lorsque je me discipline à former des phrases, lorsque je me force à mettre de l'ordre dans ce que la vie a jeté pêle-mêle en moi, je ressens dans les doigts et dans l'esprit une douleur bien proche de la jouissance. Il me semble que je participe d'une façon nouvelle au laborieux accouchement par lequel ce qui est venu au monde y retourne, en forme d'écriture, après la longue gestation de l'oubli. » Jean-Christophe Rufin, Le grand coeur % « C'était par nature un rebelle. Il était l'un de ces êtres, j'en ai rencontré quelques-uns par la suite, qu'une plaie invisible, jamais cicatrisée, ouverte dans l'enfance par la violence d'un proche, conduit leur vie durant à hurler une haine indistincte. La violence qu'ils pratiquent n'est en rien nécessaire pour ses résultats, elle a pour vertu de donner issue à l'humeur mauvaise qui s'accumule avec douleur dans leur âme blessée. » Jean-Christophe Rufin, Le grand coeur % « En vérite, j'aime et j'admire tout ce que l'esprit humain crée pour permettre à nos demeures de ressembler à la nature. L'or des feuillages d'automne, le bistre des labours, le blanc de la neige, les bleus infiniment variés du ciel nous sont dérobés par les murs ; nous en sommes privés par le couvert des toits, l'obstacle des volets de bois, le rideau des clôtures. L'art est le seul moyen de restituer à notre décor confiné ces richesses gratuites dont nous sommes coupés. » Jean-Christophe Rufin, Le grand coeur % « [Certains] à un moment de leur création, s'écartaient de ces références, dépassaient la technique qu'ils maîtrisaient et donnaient libre cours dans leur oeuvre à quelque chose d'autre. Ce quelque chose, je le reconnaissais : c'était l'immense domaine du rêve. L'humanité tient de lui sa noblesse. Nous sommes humains parce que nous avons accès à ce qui n'existe pas. Cette richesse n'est pas donnée à tous, mais ceux qui cheminent jusqu'à ce continent invisible en reviennent chargés de trésors qu'ils font partager à tous les autres. » Jean-Christophe Rufin, Le grand coeur % « Je rentrai en France persuadé qu'il nous fallait non seulement acquérir des richesses, mais que nous ne deviendrions véritablement à notre tour le centre du monde que si nous parvenions jusqu'au domaine souverain de l'art et de la création. c'est aujourd'hui une idée courante. Elle était neuve. » Jean-Christophe Rufin, Le grand coeur % « J'ai vécu si longtemps au milieu des intrigues, j'ai si souvent recueilli malgré moi le témoignage indubitable de la bassesse et de la duplicité humaine que je transporte cette souillure partout. Je l'ai apportée avec moi dans cette île où tout semble simple et pur. » Jean-Christophe Rufin, Le grand coeur % « Je suis bien sûr, d'ailleurs, qu'[en matière d'amour], les certitudes ne procèdent pas du temps. Ce n'est pas l'habitude qui les crée. Elles débarquent, tout armées, sans se laisser annoncer. Les lettres que l'amour trace en nous ne sont jamais plus faciles à déchiffrer que sur la page blanche d'un esprit non préparé. » Jean-Christophe Rufin, Le grand coeur % « La chevalerie était vivante jadis, lorsqu'elle reposait sur la possession de la terre et la soumission des hommes. Aujourd'hui l'argent régnait et il n'y avait plus de seigneur. » Jean-Christophe Rufin, Le grand coeur % « Le commerce, cette chose triviale, est l'expression de ce lien commun qui unit tous les êtres humains. Par-delà la naissance, l'honneur, la noblesse, la foi, toutes choses qui sont inventées par l'homme, il y a ces humbles nécessités que sont la nourriture, la vêture, le couvert, qui sont obligations de la nature et devant lesquelles les humains sont égaux. » Jean-Christophe Rufin, Le grand coeur % « Ce palais était une offrande que je faisais aux temps futurs [...] pour porter témoignage de la force du rêve. [...] Ceux qui continueront de le voir quand j'aurai disparu sauront quelle peut être la force de l'esprit et prendront, je l'espère, leurs chimères au sérieux. Toutes les choses existent en dehors de nous. [...] Seul nous appartient ce qui n'existe pas et que nous avons le pouvoir de faire venir au monde. » Jean-Christophe Rufin, Le grand coeur % « Je suis persuadé que les hommes qui acceptent entièrement les lois existantes peuvent vivre bien, se hisser à de hautes fonctions, triompher des obstacles, mais ils ne produiront jamais rien de grand. » Jean-Christophe Rufin, Le grand coeur % « Nous ne supportons pas d'attendre. Les heures d'une journée doivent être efficientes. Les moments de transition n'ont pas d'intérêt à nos yeux. Ils nous imposent une inactivité insupportable. [...] Comment puis-je penser ainsi ? Attendre n'est pas ne rien faire. Y a-t-il d'ailleurs un instant dans la vie où nous ne faisons rien ? Rien du tout ? Même pas penser ? Par moment, nous pouvons nous dire que nous n'entreprenons rien de tangible, de concret, de valorisant. Et bien désormais, j'aime ces moments privilégiés car ils m'offrent le luxe d'une inactivité apparente. » Anne-Dauphine Julliand, Une journée particulière % « Je suis intimement persuadée que nous avons tous des capacités que nous ignorons. Un courage, une résistance, une endurance que nous ne connaissons pas et qui se révèlent dans l'épreuve. Nous sommes capables de forces extraordinaires dans des circonstances extraordinaires. Nous puisons en nous ce dont nous avons besoin. Et nos ressources sont bien plus riches que ce que nous pensons. » Anne-Dauphine Julliand, Une journée particulière % « Il se demandait à quoi dépenser toute cette énergie de la jeunesse que l'homme ne possède qu'une fois dans sa vie : l'art, la science, l'amour, ou bien l'activité pratique ? Non pas l'énergie de l'esprit du coeur, de l'instruction, mais cet élan qui ne se répète plus, ce pouvoir une fois donné à l'homme de faire de sa personne tout ce qu'il veut, comme il le veut, et du monde entier ce qui lui plaît. Il est, il est vrai, des gens privés de cet élan, qui, aussitôt entrés dans la vie, endossent le premier harnais venu et loyalement travaillent dessous jusqu'à la fin de leurs jours. Mais Olenine sentait trop fortement en soi la présence de ce Dieu tout-puissant de la jeunesse, cette faculté de se métamorphoser en un seul désir, en une seule pensée, de vouloir et de faire, de se jeter tête baissée dans un abîme sans fond sans savoir pour qui ni pour quoi. Il portait en lui cette conscience, il en était fier ; sans le savoir, il en était heureux. » Tolstoï, Les cosaques % « Comme il arrive toujours dans les longs voyages, pendant les deux ou trois premières étapes l'imagination reste là d'où l'on est parti, et puis tout à coup, avec la première matinée rencontrée en chemin, elle se transporte au but du voyage et là-bas construit des châteaux en Espagne. » Tolstoï, Les cosaques % « Un péché ? Où est le péché ? répondit le vieillard sur un ton décidé. Regarder une belle fille, c'est un péché ? S'amuser avec elle, c'est un péché ? L'aimer, c'est un péché ? C'est comme ça, chez vous ? Non, mon cher, ce n'est pas un péché, c'est le salut. Dieu t'a créé, il a créé aussi les filles. C'est lui qui a tout fait, mon cher. Par conséquent, ce n'est pas un péché de regarder une belle fille. Elle a été créée pour être aimée et procurer de la joie. Voilà comme je juge, mon bon ! » Tolstoï, Les cosaques % « La vieille Oulita était déchaînée : c'était l'enthousiasme de l'hospitalité. Elle alla chercher pour Olenine du raisin trempé, une galette de raisin, du meilleur vin, et, avec cette hospitalité originale, populaire, grossière et fière qu'on trouve seulement chez ceux qui gagnent leur pain par la peine de leurs bras, elle se mit à régaler Olenine. » Tolstoï, Les cosaques % « N’ouvre la bouche que si tu es sûr que ce que tu vas dire est plus beau que le silence. » Proverbe arabe % « Quand je souffre beaucoup, quand il m'arrive des choses pénibles, désagréables, au lieu de prendre un air triste, j'y réponds par un sourire. Au début, je n'y réussissais pas toujours. Mais maintenant, c'est une habitude que je suis bien heureuse d'avoir contractée. » Ste Thérèse de Lisieux, citée par Claire de Castelbajac % La Sainteté est un cheminement éternel. Ainsi, nous n’avons jamais assez donné, assez souffert, assez aimé, assez pleuré, assez ri. La Sainteté comme l’Amour se nourrit d’Absolu, elle se nourrit donc uniquement de Dieu et de ses grâces. » Christophe, in http://cahierslibres.fr/2014/11/petit-traite-saintete/ % « S’élever c’est aussi accepter d’être porté par un autre. Un Saint n’est debout que parce qu’il se repose lui aussi sur un autre Saint, comme la pierre se repose sur une autre pierre pour construire un bel édifice. » Christophe, in http://cahierslibres.fr/2014/11/petit-traite-saintete/ % Tu ne dois pas mourir, parce que tu as choisi d'être du côté du jour. % « Dans tout cerveau bien organisé, l'idée dominante, et il y en a toujours une, l'idée dominante, disons-nous, est celle qui, après s'être endormie la dernière, illumine la première encore le réveil de la pensée. » Alexandre Dumas, Le comte de Monte-Cristo % « Jamais Mercédès n'avais connu véritablement la misère ; elle avait souvent, dans sa jeunesse, parlé elle-même de pauvreté, mais ce n'est point la même chose : besoin et nécessité sont deux synonimes entre lesquels il y a tout un monde d'intervalle. » Alexandre Dumas, Le comte de Monte-Cristo % « M. de Tréville était pour le moment de fort méchante humeur; néamoins il salua poliment le jeune homme, qui s'inclina jusqu'à terre, et il sourit en recevant son compliment, dont l'accent béarnais lui rappela à la fois sa jeunesse et son pays, double souvenir qui fait sourire l'homme à tous les âges. » Alexandre Dumas, Les trois mousquetaires % « C'était une de ces belles et rares journées d'hiver où l'Angleterre se souvient qu'il y a un soleil. » Alexandre Dumas, Les trois mousquetaires % « Et bien ? Que peuvent demander les gens qui dorment ? Un bon réveil. Ce réveil, vous me l'avez donné ; laissez-moi en jouir tout à mon aise. » Alexandre Dumas, Les trois mousquetaires % « Il commença par déjeuner substantiellement, ce qui peut être un mauvais début quand on veut agir de la tête, mais ce qui est une excellente précaution lorsqu'on veut agir de son corps. » Alexandre Dumas, 20 ans après % « Le lendemain, il fit venir l'hôte. C'était un de ces rusés Normands qui ne disent ni oui ni non, et qui croient toujours qu'ils se compromettent en répondant directement à la question qu'on leur fait. » Alexandre Dumas, 20 ans après % Dumas et l'angleterre (20 ans après) : « Et bien ! puisque vous le voulez, laissons donc nos os dans ce gredin de pays, où il fait froid toujours, où le beau temps est du brouillard, le brouillard de la pluie, la pluie du déluge ; où le soleil ressemble à la lune, et la lune à un fromage à la crème. Au fait mourir là ou mourir ailleurs, puisqu'il faut mourir, peu nous importe. » « - Eh bien ! maintenant que tout est arrêté, dit Porthos en se frottant les mains, si nous pensions à dîner ! Il me semble que, dans les situations les plus critiques de notre vie, nous avons dîné toujours. - Ah ! oui, parlez donc de dîner dans un pays où l'on mange pour tout festin du mouton cuit à l'eau, et où, pour tout régal, on boit de la bière ! Comment diable êtes-vous venu dans un pays pareil, Athos ? » % « Les Pères disent que la peur des tourments est la voie de l'esclave et que le désir d'une récompense est la voie du mercenaire. Mais Dieu veut que nous venions à lui comme des fils ; il veut que l'amour et le zèle nous poussent à nous conduire dignement, et que nous jouissions de l'union parfaite avec lui dans l'âme et dans le coeur. » Récits d'un pèlerin russe. % « Son cauchemar était une société industrielle dominée par la machine, une société qui aspirait les populations rurales pour les enfermer dans d'ignobles taudis urbains, les coupant de leur environnement naturel, détruisant leurs attaches familiales et religieuses, et tout cela en vue de produire ce dont les hommes n'avaient pas besoin. Il ne prônait pas la pauvreté, comme certains l'en accusaient parfois : il savait qu'elle entraîne fatalement la dégradation morale et la violence qu'il haïssait. Mais la pléthore des biens matériels conduisait, selon lui, aux mêmes résultats. Des réfrigérateurs bien remplis, des placards bourrés de vêtements, une voiture dans chaque garage et un poste de radio dans chaque chambre n'empêchaient pas un peuple de souffrir d'insécurité psychologique et de corruption spirituelle. Gandhi souhaitait que l'homme trouvât un équilibre raisonnable entre une misère avilissante et les excès d'une consommation anarchique. » Dominique Lapierre, Larry Collins, Cette nuit la liberté % « L’argent est à un homme honnête ce que le piano est à un pianiste. A Pablo Casals, il faut donner le plus beau violoncelle du monde, c’est évident.» François Michelin (http://www.parismatch.com/Actu/Economie/Francois-Michelin-fait-retraite-513076) % « Si vous aviez 20 ans aujourd’hui, dans quoi aimeriez-vous vous lancer ? Le pneu ou les nouvelles technologies ? Ce qui reste d’une vie, quel que soit le support technique, c’est ce qu’on a appris auprès des hommes. Les hommes, c’est ça le plus important. » François Michelin (http://www.parismatch.com/Actu/Economie/Francois-Michelin-fait-retraite-513076) % « Le monde moderne est plein d'anciennes vertus chrétiennes devenues folles. Elles sont devenues folles, parce qu'isolées l'une de l'autre et parce qu'elle vagabondent toutes seules. » Chesterton % « Des rêves trop grands pour notre carrure pèsent parfois sur nos épaules, rêves de conquérant, de saint ou de découvreur de monde, rêves qui furent ceux réalisés d'un Mermoz, d'un Gengis-Khan ou d'un François d'Assise. Il ne faut pas nous désoler d'être seulement ce que nous sommes. L'aventure la plus prodigieuse est notre propre vie et celle-là est à notre taille. Aventure brève : trente, cinquante, quatre-vingts ans peut-être qu'il faut franchir durement, gréé comme un voilier cinglant vers cette étoile au grand large qui est notre repaire unique et notre unique espérance. Qu'importent coups de chien, tempêtes ou calme plat, puisqu'il y a cette étoile. Sans elle, il n'y aurait plus qu'à cracher son âme et à se détruire de désespérance. Mais sa lumière est là et sa recherche et sa poursuite font d'une vie humaine une aventure plus merveilleuse que la conquête d'un monde ou la course d'une nébuleuse. Cette aventure-là ne dépasse pas notre carrure. Il nous suffit de marcher vers notre Dieu pour être à la taille de l'Infini, et cela légitime tous nos rêves. » Guy de Larigaudie, Etoile au grand large % « Une bête chassée à courre fournit un effort plus grand que le nôtre sur la chaîne birmane. Mais l'homme seul peut donner un sens à son effort. Le gamin de treize ans qui se lève un quart d'heure plus tôt pour faire sa gymnastique devant la fenêtre ouverte fournit un effort d'une valeur plus grande que la charge d'un troupeau de buffles. La multitude des efforts humains vers le beau, le bien, le meilleur, fait monter l'humanité continuellement comme un mouvement de houle qui gonfle la masse de l'Océan. » Guy de Larigaudie, Etoile au grand large % « Il est aussi beau de peler des pommes de terre pour l'amour du Bon Dieu que de bâtir des cathédrales. » Guy de Larigaudie, Etoile au grand large % « La modestie, la simplicité seraient sa marque, si plus encore ce n'étaient la joie et la pureté. Qui ne l'a vu rire ne sait pas ce qu'est la sainte liberté des enfants de Dieu, ni le cristal d'une âme miraculeusement conservée. » Guy de Larigaudie, Etoile au grand large % « Lorsque, devant la mer, le désert ou une nuit lourde d'étoiles on se sent le coeur tout gonflé d'amour inachevé, il est doux de penser que nous trouverons dans l'au-delà quelque chose de plus beau, de plus vaste, quelque chose à l'échelle de notre âme et qui comblera cet immense désir de bonheur, qui est notre souffrance et notre grandeur d'homme. » Guy de Larigaudie, Etoile au grand large % « Je me suis tellement accoutumé à la présence de Dieu en moi que j'ai toujours au fond du coeur une prière montant à fleur de lèvres. Cette prière, à peine consciente, ne cesse pas même dans le demi-sommeil que rythme la marche d'un train ou le ronronnement d'une hélice, même dans l'exaltation du corps ou de l'âme, même dans l'agitation de la ville ou la tension d'esprit d'une occupation absorbante. C'est, au fond de moi-même, une eau infiniment calme et transparente que ne peuvent atteindre ni les ombres, ni les remous de la surface. » Guy de Larigaudie, Etoile au grand large % « On ne donne sa pleine mesure qu'au service d'un Seigneur et il n'est pas plus haut Seigneur que mon Dieu. » Guy de Larigaudie, Etoile au grand large % « Deux choses sont nécessaires pour bien voyager : un smoking et un sac de couchage. » Guy de Larigaudie, Etoile au grand large % « Le Paradis de mon espérance d'homme est demeuré le même, exactement, que le Paradis de mes rêves d'enfant. » Guy de Larigaudie, Etoile au grand large % « Si je l'ai parfois ressentie, je n'ai jamais mâché en moi l'amertume de savoir fragiles et éphémères toutes les beautés et toutes les joies du monde, puisque je n'ai jamais vu en elles autre chose que le reflet imparfait des beautés et des joies d'un au-delà dont je n'ai jamais douté. » Guy de Larigaudie, Etoile au grand large % « Il faut tout aimer, une orchidée brusquement épanouie sur la jungle, un beau cheval, un geste d'enfant, un trait d'esprit, un sourire de femme. Il faut admirer toute beauté au passage, la découvrir, fusse dans la boue, et l'élever vers Dieu. Mais ne pas s'y attacher. Elle n'est qu'un scintillement et nous sommes faits pour le soleil, non pour la mare obscure où se jouent ses reflets. » Guy de Larigaudie, Etoile au grand large % « Je porte en moi toutes les résonances de ce vieux pays que j'aime aujourd'hui d'une affection plus profonde et d'un amour plus raisonné pour avoir promené son image et son souvenir sur toutes les terres du monde. » Guy de Larigaudie, Etoile au grand large % « J'ai vécu les dernières vibrations d'un rythme de vie bousculé maintenant par une civilisation différente. Je les aurai vécues en partie grâce à la guerre qui, à l'âge malléable où l'homme est le plus sensible à l'imprégnation du sol, m'évita, six années durant, Paris. Il faudra, pour qu'il soit sain, qui l'équilibre nouveau emprunte à ce passé ce qu'il avait d'essentiel : contact de la terre, paix familiale, durée, proximité de Dieu dans le silence. » Guy de Larigaudie, Etoile au grand large % « Libérée de toute agitation extérieure, la pensée retrouve sa cadence normale et devient une prière. Sans doute est-ce dans le calme de l'allée d'ormeaux que j'ai appris à aimer ces heures indolentes, ces heures ensoleillées de chaise longue sur le pont des paquebots lorsque, dans le lent balancement de la houle, dans l'absence totale de préoccupations, on peut laisser glisser son âme jusqu'aux limites de la contemplation, dans un colloque tout simple et presque inconscient avec Dieu. L'habitude étant prise, on retrouve partout en s'enfonçant dans le cloître de son âme, le silence et la solitude de l'allée d'ormeaux. Dans la rue ou le métro, à la piscine ou sur la plage, toutes les heures vides s'enrichissent et deviennent des heures d'oraison. » Guy de Larigaudie, Etoile au grand large % « Quel que soit le nombre des personnes en cercle autour de la cheminée, le feu ajoute une présence toute de sérénité. Il semble que les conversations se déroulent sur un rythme plus apaisé, que les liens d'affection, d'amour ou d'amitié se resserrent, que les angles et les aigreurs s'atténuent à la douceur du foyer. » Guy de Larigaudie, Etoile au grand large % « Les bougies sont clémentes à la beauté des femmes. Leur éclairage atténué rend plus éclatants les sourires, plus délicates les carnations, plus harmonieuse la courbe des épaules. La lumière électrique, sans pitié, accuse les traits, demande des fards plus violents. Elle montre la beauté des femmes. Les bougies la présentent. Elles donnent aux bijoux un éclat plus vif. L'électricité ne déverse sur eux qu'une lumière immobile. La flamme vivante des bougies danse au moindre souffle et chacun de ses mouvements se répète sur chaque facette en un multiple étincellement. A la lumière électrique une bague ne jette de feux qu'aux gestes de la main. Aux bougies, son éclat est continu et cet aspect vivant donné à la matière se répète sur tous les cristaux et toute l'argenterie. Inutile, dira-t-on. Je ne le pense pas. La beauté des choses qui nous entourent n'est pas vaine. L'élégance du cadre informe dans une certaine mesure l'élégance de l'âme. Parfois elle devient une armature. L'Anglais, seul dans la jungle, à cent lieues à la ronde de toute terre habitée, a raison de se mettre en smoking le soir. En s'obligeant par sa tenue au respect de soi-même, il s'arrache à l'enlisement de l'esprit. Et de même a raison la petite ouvrière américaine qui, le soir, égaye sa table de deux bougies. » Guy de Larigaudie, Etoile au grand large % « Les villes, sans nuances ni transitions, ne connaissent que plus que l'hiver et l'été. L'homme, essouflé, y respire à deux temps. [...] La foule ne peut plus connaître la respiration à quatre temps de l'année, la cadence apaisante des saisons. Aux vacances seulement, à la mer ou à la montagne, elle goûte désespérément un air qui devrait être son lot quotidien. A cause de cela, la plus humble maison perdue dans la campagne recèle plus de richesses qu'un appartement somptueux au coeur d'une capitale. L'homme se trouve, dans la première, sur une nef en haute mer. Il admire la beauté des nuits, les levers et les couchers de soleil. Il possède le silence et s'intègre aux fluctuations de l'immensité qui l'entoure. Dans le second, il n'est plus qu'une pauvre épave ballottée en rond dans un bassin public. » Guy de Larigaudie, Etoile au grand large % « Il est un bon moyen de se créer une âme amicale : le sourire. Pas le sourire ironique et moqueur, le sourire en coin de lèvres, qui juge et rapetisse. Mais le sourire large, net, le sourire scout à fleur de rire. Savoir sourire : quelle force ! Force d'apaisement, force de douceur, de calme, force de rayonnement. Un type fait une réflexion sur ton passage... tu es pressé... tu passes... mais souris, souris vastement. Si ton sourire est franc, joyeux, ton type sourira aussi... et l'incident sera clos dans la paix... Essaie. Tu veux faire à un camarade une critique que tu juges nécessaire, lui donner un conseil que tu crois utile. Critique, conseil, choses dures à avaler. Mais souris, compense la dureté des mots par l'affection de ton regard, le rire de tes lèvres, par toute ta physionomie joyeuse. Et ta critique, ton conseil porteront mieux... parce qu'ils n'auront pas blessé. Il est des moments où, devant certaines détresses, les mots ne viennent pas, les paroles consolatrices ne veulent pas sortir... Souris avec tout ton coeur, avec toute ton âme compatissante. Tu as souffert et le sourire muet d'un ami t'a réconforté. Tu ne peux pas ne pas avoir fait cette expérience. Agis de même pour les autres. "Christ, disait Jacques d'Arnoux, quand ton bois sacré me harasse et me déchire, donne-moi quand même la force de faire la charité du sourire." Car le sourire est une charité. Souris à ce pauvre à qui tu viens de donner deux sous..., à cette dame à qui tu viens de céder ta place..., à ce monsieur qui s'excuse parce qu'il t'a écrasé le pied en passant. Il est malaisé parfois de trouver le mot juste, l'attitude vraie, le geste approprié. Mais sourire ! C'est si facile... et cela arrange tant de choses ! Pourquoi ne pas user et abuser de ce moyen si simple. Le sourire est un reflet de joie. Il est source. Et là où la joie règne - je veux dire la vraie joie, la joie en profondeur et en pureté d'âme - là aussi s'épanouit cette "âme amicale" dont parlait si bien Schaeffer. Routiers, soyons des porteurs de sourires, et par là des semeurs de joie. » Guy de Larigaudie, Etoile au grand large % « Maintenant, jamais il n'écrirait les choses qu'il avait gardées pour les écrire jusqu'à ce qu'il eût assez appris pour les écrire bien. En tout cas, cela lui évitarait d'échouer dans sa tentative. Peut-être n'arrivait-on jamais à les écrire, et peut-être était-ce pour cela qu'on les remettait à plus tard et qu'on ne pouvait pas se résoudre à commencer. Eh bien, il ne le saurait jamais, maintenant. » Ernest Hemingway, Les neiges du Kilimandjaro % « Marie, sa femme de ménage, protestant contre la journée de huit heures parce que : "quand on a un mari qui travaille jusqu'à six heures, il ne se saoule qu'un petit peu en rentrant à la maison, et il ne gaspille pas de trop. Quand il travaille jusqu'à cinq heures, il est saoul tous les soirs et vous laisse sans argent. C'est la femme de l'ouvrier qui souffre de cette réduction des heures de travail. » Ernest Hemingway, Les neiges du Kilimandjaro % « Celui qui écrit ne devrait se prononcer sur la valeur de son ouvrage qu'en fonction de l'excellence des matériaux qu'il rejette. » Ernest Hemingway, Paris est une fête. % « - Papa, me confiait-il un peu plus tard, il y a quatre poules pas mal qui sont passées pendant que tu travaillais. - Qu'est-ce que tu sais des poules, toi ? - Rien. Je les observe. On les observe. - Qu'est-ce qu'en dit Touton ? - On ne les prend pas au sérieux. - Qu'est-ce qu'on doit prendre au sérieux, alors ? - "Vive la France et les pommes de terre frites." - Touton est un grand homme, dis-je. » Ernest Hemingway, Paris est une fête. % « On dit que les germes de nos actions futures sont en nous, mais je crois que pous ceux qui plaisantent dans la vie, les germes sont enfouis dans un meilleur terreau, sous une couche plus épaisse d'engrais. » Ernest Hemingway, Paris est une fête. % « Quand j'écrivais quelque chose, j'avais besoin de lire après avoir posé la plume. Si vous continuez à penser à ce que vous écrivez, en dehors des heures de travail, vous perdez le fil et vous ne pouvez le ressaisir le lendemain. Il vous faut faire de l'exercice, fatiguer votre corps, et il vous est alors recommandé de faire l'amour avec qui vous aimez. C'est même ce qu'il y a de meilleur. Mais ensuite, quand vous vous sentez vide, il vous faut lire afin de ne pas penser à votre oeuvre et de ne pas vous en préoccuper jusqu'au moment où vous vous remettrez à écrire. J'avais déjà appris à ne jamais assécher le puits de mon inspiration, mais à m'arrêter alors qu'il y avait encore quelque chose au fond, pour laisser la source remplir le réservoir pendant la nuit. » Ernest Hemingway, Paris est une fête. % « J'appris, à la même époque, que tout ce qu'on abandonne, bon ou mauvais, laisse un sentiment de vide. Mais si c'était quelque chose de mauvais, le vide se comblait tout seul. Dans le cas contraire, il fallait trouver quelque chose de meilleur pour refaire le plein. » Ernest Hemingway, Paris est une fête. % « C'était merveilleux de descendre l'interminable escalier en pensant que j'avais eu de la chance dans mon travail. Je travaillais toujours jusqu'au moment où j'avais entièrement achevé un passage et m'arrêtais quand j'avais trouvé la suite. Ainsi, j'étais sûr de pouvoir poursuivre le lendemain. Mais parfois, quand je commençais un nouveau récit et ne pouvais le mettre en train, je m'arryais devant le feu et pressais la pelure d'une des petites oranges au-dessus de la flamme et contemplais son crépitement bleu. Ou bien je me levais et regardais les toits de Paris et pensais : "Ne t'en fais pas. Tu as toujours écrit jusqu'à présent, et tu continueras. Ce qu'il faut c'est écrire une seule phrase vraie. Ecris la phrase la plus vraie que tu connaisses." Ainsi, finalement, j'écrivais une phrase vraie et continuais à partir de là. C'était facile parce qu'il y avait toujours quelque phrase vraie que j'avais lue ou entendue ou que je connaissais. Di je commençais à écrire avec art, ou comme quelqu'un qui annonce ou présente quelque chose, je constatais que je pouvais aussi bien déchirer cette fioriture ou cette arabesque et la jeter au panier et commencer par la première affirmation simple et vraie qui était venue sous ma plume. Là-haut, dans ma chambre, je décidai que j'écrirais une histoire sur chacun des sujets que je connaissais. Je tâchai de m'en tenir là pendant tout le temps que je passais à écrire et c'était une discipline sévère et utile. » Ernest Hemingway, Paris est une fête. % « C'est dans cette chambre que j'appris à ne pas penser à mon récit entre le moment où je cessais d'écrire et le moment où je me remettais au travail, le lendemain. Ainsi, mon subconscient était à l'oeuvre et en même temps je pouvais écouter les gens et tout voir, du moins je l'espérais ; je m'instruirais, de la sorte ; et je lirais aussi afin de ne pas penser à mon oeuvre au point de devenir incapable de l'écrire. En descendant l'escalier, quand j'avais bien travaillé, aidé par la chance autant que par ma discipline, je me sentais merveilleusement bien et j'étais libre de me promener n'importe où dans Paris. » Ernest Hemingway, Paris est une fête. % « Bien sûr Monsieur, bien sûr... Mais plus tard certains de ces enfants honoreront davantage l'humanité que ceux qui n'ont pas livré dès l'aube le plus dûr des combats : celui qu'il faut chaque jour gagner contre soi-même. » Serge Dalens, Les voleurs % Le saint Père parle dans son encyclique Dieu est amour du « programme du bon samaritain » : « Un cœur qui voit ». Or, que voyons-nous ? Dieu merci, pas tout. Nous ne pourrions le supporter. Chacun d’entre-nous, là où il vit, est appelé à voir les misères qui touchent et appellent son cœur. Tugdual Derville, http://fr.aleteia.org/2016/04/03/la-soif-de-la-misericorde-dans-les-societes-traversees-par-les-atteintes-a-la-vie/ % « C’est dans le respect infini que vous témoignerez à son mystère que l’homme reconnaîtra, à la fois, la grandeur de son âme et Celui qui la peut seul combler : Dieu qu’il pressent déjà, sans pouvoir le nommer, dans la liberté absolue que lui laisse votre regard. En l’acte de foi que vous faites à tout ce qu’il peut devenir au delà de tout ce qu’il peut être actuellement ; en l’hommage que vous rendez à tout ce que la grâce divine peut accomplir en lui ; en votre volonté d’accepter son être et de souscrire au caractère unique de l’équilibre qu’il est appelé à réaliser ; en votre refus de le juger et d’intervenir en sa conscience à moins que lui-même ne vous y fasse entrer ; en cette réserve enfin, en cette adhésion silencieuse à tout l’inexprimable, en cet agenouillement de votre âme devant la sienne, l’homme sent s’ouvrir devant lui les espaces infinis où il respire l’air de sa vraie patrie. Il peut être lui-même, il laisse tomber son masque, il vous montre le visage de sa nativité. » Maurice Zundel, Notre-Dame de la sagesse % L'être humain, comme toute structure complexe, est un équilibre fragile entre d'innombrables paramètres. Quelle main peut se savoir assez habile pour les modifier ? La chirurgie esthétique., malgré les sommes investies dans la recherche, en dépit de la compétence des meilleurs praticien, dès lors qu'elle retouche un peu trop les visages, ceux-ci deviennent inhumains. Il n'y a pas de bricolage à volonté. La source de conscience de cela a sans doute fait naître tous ces récits, du Golem à Faust en passant par Frankenstein pour évoquer que les plus classiques, au sein desquels l'échec d'une excessive tentative de maîtrise de la nature sert de trame au désastre. Josef Schovanec, Je suis à l'est ! % - Tu comptes faire chier le monde encore longtemps ? - Le plus longtemps possible, oui. Qu'est-ce que tu veux faire d'autre ? À nos âges, il n'y a plus guère que le système qu'on peut encore besogner. Du coup, ma libido s'est reportée sur la subversion. Lupano Cauuet, les vieux fourneaux % L'anxiété est un poison, même pour les plus optimistes d'entre nous, et le remède se trouve souvent dans nos fragilités. Capucine Trochet, Tara Tari % La France est un pays extrêmement fertile : on y plante des fonctionnaires, et il y pousse des impôts. Georges Clémenceau % Ce serait raciste de penser que les étrangers n'ont pas le droit d'être cons. Coluche % Le leadership, c'est un chemin que l'on *montre* en disant que ça passe, mais en laissant chacun faire le chemin intérieur qui le met en marche, sans avoir besoin *d'imposer* le mouvement en vertu "des pouvoirs qui me sont conférés" Emmanuel Faber, Ouvrir une voie